Si vous prévoyez de vous rendre au Mexique, que vous y résidez déjà ou que vous envisagez une longue escale, une décision majeure vient d'être rendue par le Comité des disparitions forcées des Nations Unies : les disparitions qui touchent ce pays ont été officiellement qualifiées de crimes contre l'humanité. Ce n'est pas une alerte abstraite. Cela signifie que des institutions internationales considèrent la situation sécuritaire mexicaine comme suffisamment grave pour mériter la classification la plus sérieuse qui soit. Pour vous, voyageur ou résident étranger, il est essentiel de comprendre ce que cela implique dans votre quotidien.
Ce que l'ONU a réellement dit — et pourquoi c'est important
Le Comité des disparitions forcées de l'ONU n'a pas simplement exprimé une préoccupation : il a posé un diagnostic juridique fort. La qualification de crime contre l'humanité est réservée à des situations où des violations graves, systématiques et généralisées sont documentées. Ce n'est pas une décision prise à la légère.
Selon ce rapport, les disparitions forcées au Mexique impliqueraient à la fois des agents de l'État mexicain — forces de sécurité, policiers locaux ou fédéraux — et des groupes criminels organisés, parfois en collusion. Ce double niveau d'implication rend la situation particulièrement complexe et dangereuse, car les victimes ne peuvent pas toujours compter sur les autorités pour les protéger.
Une réalité que les chiffres illustrent
Le Mexique figure depuis plusieurs années parmi les pays au monde ayant le plus grand nombre de personnes disparues. Des dizaines de milliers de cas sont recensés, souvent liés aux zones d'influence des cartels, mais aussi à des régions qui attirent habituellement les touristes. Cette réalité dépasse largement le cadre des conflits entre organisations criminelles.
La position du gouvernement mexicain : contestation officielle
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, qui a pris ses fonctions en octobre 2024, a choisi de contester publiquement les conclusions du rapport onusien. Le gouvernement mexicain considère que certaines données ou interprétations ne reflètent pas fidèlement la réalité du terrain, ou que des progrès ont été accomplis que le rapport n'aurait pas suffisamment pris en compte.
Pour vous en tant que voyageur ou expatrié, cette contestation officielle a une double signification : d'un côté, elle peut indiquer que des réformes sont en cours ; de l'autre, elle signale que la reconnaissance du problème au niveau national reste partielle, ce qui peut ralentir les mesures de protection concrètes sur le terrain.
Zones à risque et précautions concrètes à adopter
La qualification de crime contre l'humanité ne signifie pas que tout le territoire mexicain est également dangereux. Les grandes stations balnéaires comme Cancún, Los Cabos ou Puerto Vallarta disposent de périmètres touristiques généralement mieux sécurisés. En revanche, certaines régions du pays présentent des niveaux de risque élevés que les autorités de nombreux pays étrangers déconseillent formellement.
Régions particulièrement sensibles
- États du nord : Tamaulipas, Sinaloa, Chihuahua — fortement déconseillés aux voyageurs non essentiels
- Certains États côtiers : Guerrero (dont Acapulco), Colima — risques persistants même dans les zones touristiques
- Zones rurales isolées : à éviter sans guide local de confiance, quel que soit l'État
- Transports terrestres de nuit : à éviter sur l'ensemble du territoire
Comportements à adopter immédiatement
- Enregistrez-vous auprès de l'ambassade ou du consulat de votre pays dès votre arrivée
- Partagez votre itinéraire détaillé avec un contact de confiance en dehors du Mexique
- Évitez d'afficher des signes extérieurs de richesse (bijoux, appareils photo haut de gamme, espèces visibles)
- Utilisez uniquement des taxis officiels ou des applications reconnues — jamais de taxis de rue
- Consultez régulièrement les alertes de sécurité de votre ambassade pendant votre séjour
Ce que cela change pour les expatriés résidant au Mexique
Si vous vivez au Mexique de façon permanente ou semi-permanente, la situation mérite une attention particulière. Au-delà du risque immédiat, c'est aussi votre environnement institutionnel qui est en question : la confiance que vous pouvez accorder aux forces de l'ordre locales, la fiabilité des recours juridiques en cas de problème, et la réactivité des autorités en situation d'urgence sont des paramètres à reconsidérer sérieusement.
Pour les nomades numériques basés dans des grandes villes comme Mexico City, Oaxaca ou Mérida, le risque quotidien reste généralement modéré, mais il ne faut pas baisser la garde. La règle d'or : restez informé, construisez un réseau local de confiance, et sachez exactement quelle procédure suivre en cas d'urgence. Retrouvez des ressources pratiques pour préparer votre installation sur notre espace dédié à la vie à l'étranger.
Assurance, assistance et plan d'urgence : ne négligez rien
Dans un contexte où la qualification internationale de la situation est aussi grave, disposer d'une assurance voyage ou expatrié complète n'est plus une option. Vérifiez impérativement que votre contrat couvre :
- L'assistance en cas d'urgence sécuritaire (rapatriement, aide juridique)
- Les frais médicaux sans plafond bas, dans un pays où les soins privés peuvent être très coûteux
- Un numéro d'urgence disponible 24h/24 depuis le Mexique
Pensez également à télécharger les applications d'alerte de votre ambassade et à vérifier les dernières recommandations officielles avant tout déplacement, même intérieur. Pour consulter d'autres alertes et conseils destinations, rendez-vous sur notre centre d'articles pratiques.
Suivre l'évolution de la situation : restez actif, pas passif
Le rapport de l'ONU ne marque pas une fin mais un point de départ : il est probable que cette qualification génère des pressions diplomatiques supplémentaires sur le Mexique dans les mois à venir. Le gouvernement Sheinbaum devra répondre à ces injonctions devant les instances internationales. Pour vous, cela signifie que la situation pourrait évoluer — dans un sens ou dans l'autre — et qu'une veille régulière est indispensable.
Abonnez-vous aux alertes de votre ministère des Affaires étrangères, suivez les mises à jour consulaires, et n'hésitez pas à adapter vos plans si le niveau de risque se modifie. La meilleure protection reste l'information en temps réel.